Première victoire de Lotus et première victoire de Räikkönen depuis son retour en F1, le Grand Prix d’Abu Dhabi a tenu toutes ses promesses. Vettel et Alonso se tiennent plus que jamais au coude à coude, ce qui présage une fin de saison des plus disputées, à deux courses de son terme.

Comme à son habitude, Kimi reste de glace, Vettel, lui, sait qu’il a plus que sauvé les meubles. © Getty Images
Tout semblait goupillé: Hamilton en pôle, intouchable, Alonso dans les points et Vettel bon dernier, s’élançant de la voie des stands. Après la disqualification de ce dernier pour une quantité trop faible d’essence lors des essais qualificatifs, c’était l’occasion rêvée pour Fernando Alonso de passer devant au classement général. Mais la combativité de l’Allemand lui a permis de recoller à la tête de la course, aidé, il est vrai, par la sortie de deux voitures de sécurité. Vingt et une places, rien que ça. La remontée incroyable de Sebastian Vettel a fait taire ses détracteurs qui voyaient en lui un pilote incapable de se battre une fois dans le peloton. Le couteau entre les dents, Vettel a avalé ses adversaires les uns après les autres.
Ce Grand Prix d’Abu Dhabi n’a pas manqué d’animation. Dès le 9ème tour, une première Safety Car apparaît après un impressionnant accrochage entre Nico Rosberg et Narain Karthikeyan. La Mercedes du premier s’est littéralement envolée, évitant de justesse la tête du pilote indien (vidéo). Incident heureusement sans dommage pour les deux pilotes. Ce fait de course n’est pas pour aider Alonso dans sa tâche: la course est neutralisée, Vettel rejoint le peloton. Il est alors derrière la Toro Rosso de Ricciardo. Manquant d’harponner ce dernier en chauffant ses pneumatiques, l’Allemand heurte un panneau DRS et endommage son aileron avant, ce qui l’oblige à repasser par les stands. La balance s’équilibre.
Près de 30 tours plus tard, c’est Sergio Perez qui provoque la seconde sortie de voiture de sécurité. En lutte avec di Resta et Grosjean, le Mexicain sort de la piste avant d’y revenir de manière trop précipitée. Résultat: le pilote Sauber touche Romain Grosjean qui, tentant de l’éviter, percute Mark Webber. La course s’arrête là pour eux. Perez écope d’un stop-and-go de 10 secondes. Bonne affaire pour Sebastian Vettel, qui recolle à nouveau au peloton. Il venait de chausser des pneus tendres avant l’incident. Cette stratégie lui permettra de ne plus s’arrêter aux stands. Vettel finit sur le podium après un dépassement franc sur Button dans les derniers tours.
Devant, Hamilton a joué de malchance. Au 20ème tour, suite à problème de pompe à essence, le moteur de sa McLaren se coupe. Räikkönen vire en tête, après avoir passé Webber et Maldonado au départ. Le Finlandais mène les 35 tours restants, gérant son avance d’une main de maître. La première victoire du Lotus d’Enstone pointe le bout de son nez. À la radio, l’ingénieur course de Räikkönen lui communique son avance sur Alonso, mais le pilote est visiblement contrarié: « Leave me alone, I know what I’m doing » (« Laissez-moi tranquille, je sais ce que je fais »). Quatorze tours avant la fin, cette situation insolite se répète: son ingénieur lui dit de continuer à faire travailler ses quatre pneus alors que la course est neutralisée par une seconde voiture de sécurité. « Yes, yes, yes. I’m doing it all the time. You don’t have to remind me every 10 seconds » (« Oui, oui, oui. Je le fais tout le temps. Vous n’avez pas à me le rappeler toutes les 10 secondes! »), sa réponse est claire.
Sa victoire l’est tout autant. Imperturbable, Kimi Räikkönen a remporté sa première victoire depuis son retour en F1 et la première victoire de l’écurie Lotus basée à Enstone. « Je suis très heureux pour moi, mais surtout pour l’équipe, a indiqué Raikkonen. Nous avons eu une saison difficile, mais nous espérons que ce résultat puisse nous redonner de l’espoir. » Sa dernière victoire remontait au GP de Belgique 2009, alors qu’il roulait pour Ferrari.
Fidèle à lui-même Iceman a ensuite déclaré: « Pour être franc c’est simplement une victoire de plus sur ma liste. C’est magnifique, bien sûr, parce que cela faisait longtemps que je n’avais plus vécu cela ».
Le Finlandais a ensuite rappelé que ses victoires précédentes étaient assez similaires. « Nous n’avions pas la meilleure voiture, mais nous nous sommes battus et nous avons gagné ». Ses détracteurs peuvent donc, eux aussi, aller se rhabiller: « C’est super de gagner maintenant, comme cela les gens arrêteront de me demander si je peux encore le faire. Au moins, maintenant, c’est un peu plus clair ».
Le pilote Lotus a dignement fêté ça entouré d’une quinzaine de ses collègues, dont Jenson Button qui n’a pas manqué de tweeté: «Sûr que Kimi aura encore mal au crâne après dimanche soir ». Espérons qu’il s’en soit remis pour le GP des États-Unis les 16, 17 et 18 novembre!
Thomas Mignon
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Les essais de Jerez vus par Pirelli
[Cet article a été écrit pour le site d'informations www.f1i.com.]
Après une semaine d’essais sur le circuit espagnol de Jerez, le manufacturier Pirelli a tiré les premières conclusions de l’évaluation de sa nouvelle gamme de pneumatiques pour la saison 2013. Et l’avis critique exprimé par Paul Hembery, directeur de Pirelli Motorsport, au sujet du tracé andalou est toujours d’actualité (Cliquez ici pour lire l’article sur F1i.com).
Ces essais étaient avant tout l’occasion d’un premier contact avec les gommes 2013.
“Les conditions de Jerez n’ont pas été idéales cette année, car il s’agissait d’une piste extrêmement abrasive – le circuit le plus abrasif de toute l’année, a affirmé Hembery. Et il a été par conséquent difficile de tirer des conclusions fiables. La surface était même encore plus rugueuse que l’an dernier.”
Cette piste inhospitalière a donc causé quelques problèmes, notamment un risqué élevé de graining, dû à la température fraîche constatée à Jerez (15°C en moyenne). Ce phénomène est provoqué par les glissades lorsque le pneu n’est pas à température ; la friction contre la surface de la piste crée des irrégularités sur la surface de contact du pneu, irrégularités connues sous le nom de graining. Il a été constaté principalement en matinée, allant même jusqu’à provoquer des déchiquetages de pneus, en raison également du “manque évident de bitume” sur ce tracé qui n’a plus été remis à neuf depuis 2005.
Ces essais hivernaux étaient pourtant primordiaux pour les écuries afin d’analyser l’interaction des nouvelles monoplaces avec les Pirelli, qui se dégradent volontairement rapidement. Cet aspect était au cœur des programmes de tests de chaque équipe.
Pirelli a ainsi apporté 35 trains de pneus par monoplace (20 choisis par le manufacturier et 15 par chaque équipe). Ce sont donc au total 385 trains qui ont été livrés à Jerez, soit 1.540 pneus ! Mais la semaine fut riche en incidents : Mercedes, Ferrari, Marussia, McLaren ou encore Force India ont toutes dû faire face à des contretemps divers et variés, les empêchant parfois d’effectuer le nombre de relais souhaité. Par conséquent, seuls 251 des 385 trains de pneus ont été utilisés.
Grande inconnue pour 2013: les nouveaux pneumatiques Pirelli, dont les durs qui arboreront cette année un marquage orange, préféré à la bande argentée.
Parmi les plus employés cette semaine : les mediums et les durs (ces derniers bénéficiant d’un nouveau marquage orange en remplacement de la bande argentée, peu lisible pour les spectateurs). “Nous revenons avec énormément de données sur les pneus durs et mediums, très peu sur les tendres et aucune sur les super-tendres (malgré que trois trains de ces derniers aient été utilisés en piste, ndlr)”, a commenté Hembery. Aucun pneumatique intermédiaire ou pluie n’a par ailleurs été sorti, les conditions météo étant restées parfaitement sèches durant les quatre jours de tests.
“Nous avons maintenant hâte d’être aux deux prochaines séances de Barcelone, a ajouté Hembery. Ils offriront une autre opportunité importante aux équipes pour approfondir leurs connaissances des pneumatiques alloués cette année.”
Thomas Mignon
pour F1i.com
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