Les essais de Jerez vus par Pirelli

[Cet article a été écrit pour le site d'informations www.f1i.com.]

Après une semaine d’essais sur le circuit espagnol de Jerez, le manufacturier Pirelli a tiré les premières conclusions de l’évaluation de sa nouvelle gamme de pneumatiques pour la saison 2013. Et l’avis critique exprimé par Paul Hembery, directeur de Pirelli Motorsport, au sujet du tracé andalou est toujours d’actualité (Cliquez ici pour lire l’article sur F1i.com).

Charles-Pic-Caterham-CT03-2013-Jerez-F1-tests-winter

Ces essais étaient avant tout l’occasion d’un premier contact avec les gommes 2013.

“Les conditions de Jerez n’ont pas été idéales cette année, car il s’agissait d’une piste extrêmement abrasive – le circuit le plus abrasif de toute l’année, a affirmé Hembery. Et il a été par conséquent difficile de tirer des conclusions fiables. La surface était même encore plus rugueuse que l’an dernier.”

Cette piste inhospitalière a donc causé quelques problèmes, notamment un risqué élevé de graining, dû à la température fraîche constatée à Jerez (15°C en moyenne). Ce phénomène est provoqué par les glissades lorsque le pneu n’est pas à température ; la friction contre la surface de la piste crée des irrégularités sur la surface de contact du pneu, irrégularités connues sous le nom de graining. Il a été constaté principalement en matinée, allant même jusqu’à provoquer des déchiquetages de pneus, en raison également du “manque évident de bitume” sur ce tracé qui n’a plus été remis à neuf depuis 2005.

Ces essais hivernaux étaient pourtant primordiaux pour les écuries afin d’analyser l’interaction des nouvelles monoplaces avec les Pirelli, qui se dégradent volontairement rapidement. Cet aspect était au cœur des programmes de tests de chaque équipe.
Pirelli a ainsi apporté 35 trains de pneus par monoplace (20 choisis par le manufacturier et 15 par chaque équipe). Ce sont donc au total 385 trains qui ont été livrés à Jerez, soit 1.540 pneus ! Mais la semaine fut riche en incidents : Mercedes, Ferrari, Marussia, McLaren ou encore Force India ont toutes dû faire face à des contretemps divers et variés, les empêchant parfois d’effectuer le nombre de relais souhaité. Par conséquent, seuls 251 des 385 trains de pneus ont été utilisés.

F1 Pirelli 2013

Grande inconnue pour 2013: les nouveaux pneumatiques Pirelli, dont les durs qui arboreront cette année un marquage orange, préféré à la bande argentée.

Parmi les plus employés cette semaine : les mediums et les durs (ces derniers bénéficiant d’un nouveau marquage orange en remplacement de la bande argentée, peu lisible pour les spectateurs). “Nous revenons avec énormément de données sur les pneus durs et mediums, très peu sur les tendres et aucune sur les super-tendres (malgré que trois trains de ces derniers aient été utilisés en piste, ndlr)”, a commenté Hembery. Aucun pneumatique intermédiaire ou pluie n’a par ailleurs été sorti, les conditions météo étant restées parfaitement sèches durant les quatre jours de tests.

“Nous avons maintenant hâte d’être aux deux prochaines séances de Barcelone, a ajouté Hembery. Ils offriront une autre opportunité importante aux équipes pour approfondir leurs connaissances des pneumatiques alloués cette année.”

Thomas Mignon
pour F1i.com

Trulli critique son ancienne écurie Caterham

[Cet article a été écrit pour le site d'informations www.f1i.com.]

Après les déclarations de Lewis Hamilton sur le remplacement de Heikki Kovalainen (cliquez ici pour lire l’article sur F1i.com), Jarno Trulli, ancien pilote du Team Lotus (aujourd’hui Caterham) n’a pas mâché ses mots pour qualifier l’écurie de Tony Fernandes.

Jarno Trulli est aujourd'hui loin du cirque de la F1, dans sa région de Pescara.

Jarno Trulli est aujourd’hui loin du cirque de la F1, dans sa région natale de Pescara.

Début 2012, malgré un contrat l’unissant aux verts et or pour une troisième année, l’Italien avait perdu sa place au profit de Vitaly Petrov et de sa valise de roubles (estimée à 12 millions d’euros).
« J’ai réalisé que nous [Caterham] n’allions que reculer au lieu de progresser. L’équipe n’avait aucune chance d’avenir », a affirmé Jarno Trulli, qui insiste sur le fait qu’il a quitté l’écurie par choix, en raison d’un manque de rythme et de développement.

« Donc, étant donné que l’équipe ne me payait pas, je n’étais pas tellement déçu quand ils m’ont annoncé que je ne roulerais pas, car j’avais déjà testé la voiture [de 2012] qui n’était en rien différente [de la Lotus T128 de 2011]. »

« Vous savez, si cela avait été moi au volant, ça n’aurait pas changé grand-chose pour l’équipe, ou pour ma vie, ou pour ma carrière. Ce que les gens ne réalisent pas, c’est que j’ai choisi de ne pas conduire, même si j’avais un contrat en place. J’ai donné à l’équipe une chance de survivre en engageant un pilote payant. »

À 38 ans, Trulli connaît aujourd’hui une « vie agréable et calme », entretenant ses vignes dans sa région natale de Pescara, gérant son hôtel à Davos et s’occupant de « divers autres intérêts commerciaux à travers le monde ». Il est, à l’heure actuelle, le dernier Italien à avoir roulé en F1.

Thomas Mignon
pour F1i.com

Räikkönen: « Laissez-moi tranquille, je sais ce que je fais »

Première victoire de Lotus et première victoire de Räikkönen depuis son retour en F1, le Grand Prix d’Abu Dhabi a tenu toutes ses promesses. Vettel et Alonso se tiennent plus que jamais au coude à coude, ce qui présage une fin de saison des plus disputées, à deux courses de son terme.

Comme à son habitude, Kimi reste de glace, Vettel, lui, sait qu’il a plus que sauvé les meubles. © Getty Images

Tout semblait goupillé: Hamilton en pôle, intouchable, Alonso dans les points et Vettel bon dernier, s’élançant de la voie des stands. Après la disqualification de ce dernier pour une quantité trop faible d’essence lors des essais qualificatifs, c’était l’occasion rêvée pour Fernando Alonso de passer devant au classement général. Mais la combativité de l’Allemand lui a permis de recoller à la tête de la course, aidé, il est vrai, par la sortie de deux voitures de sécurité. Vingt et une places, rien que ça. La remontée incroyable de Sebastian Vettel a fait taire ses détracteurs qui voyaient en lui un pilote incapable de se battre une fois dans le peloton. Le couteau entre les dents, Vettel a avalé ses adversaires les uns après les autres.

Ce Grand Prix d’Abu Dhabi n’a pas manqué d’animation. Dès le 9ème tour, une première Safety Car apparaît après un impressionnant accrochage entre Nico Rosberg et Narain Karthikeyan. La Mercedes du premier s’est littéralement envolée, évitant de justesse la tête du pilote indien (vidéo). Incident heureusement sans dommage pour les deux pilotes. Ce fait de course n’est pas pour aider Alonso dans sa tâche: la course est neutralisée, Vettel rejoint le peloton. Il est alors derrière la Toro Rosso de Ricciardo. Manquant d’harponner ce dernier en chauffant ses pneumatiques, l’Allemand heurte un panneau DRS et endommage son aileron avant, ce qui l’oblige à repasser par les stands. La balance s’équilibre.

Près de 30 tours plus tard, c’est Sergio Perez qui provoque la seconde sortie de voiture de sécurité. En lutte avec di Resta et Grosjean, le Mexicain sort de la piste avant d’y revenir de manière trop précipitée. Résultat: le pilote Sauber touche Romain Grosjean qui, tentant de l’éviter, percute Mark Webber. La course s’arrête là pour eux. Perez écope d’un stop-and-go de 10 secondes. Bonne affaire pour Sebastian Vettel, qui recolle à nouveau au peloton. Il venait de chausser des pneus tendres avant l’incident. Cette stratégie lui permettra de ne plus s’arrêter aux stands. Vettel finit sur le podium après un dépassement franc sur Button dans les derniers tours.

Devant, Hamilton a joué de malchance. Au 20ème tour, suite à problème de pompe à essence, le moteur de sa McLaren se coupe. Räikkönen vire en tête, après avoir passé Webber et Maldonado au départ. Le Finlandais mène les 35 tours restants, gérant son avance d’une main de maître. La première victoire du Lotus d’Enstone pointe le bout de son nez. À la radio, l’ingénieur course de Räikkönen lui communique son avance sur Alonso, mais le pilote est visiblement contrarié: « Leave me alone, I know what I’m doing » (« Laissez-moi tranquille, je sais ce que je fais »). Quatorze tours avant la fin, cette situation insolite se répète: son ingénieur lui dit de continuer à faire travailler ses quatre pneus alors que la course est neutralisée par une seconde voiture de sécurité. « Yes, yes, yes. I’m doing it all the time. You don’t have to remind me every 10 seconds » (« Oui, oui, oui. Je le fais tout le temps. Vous n’avez pas à me le rappeler toutes les 10 secondes! »), sa réponse est claire.

Sa victoire l’est tout autant. Imperturbable, Kimi Räikkönen a remporté sa première victoire depuis son retour en F1 et la première victoire de l’écurie Lotus basée à Enstone. « Je suis très heureux pour moi, mais surtout pour l’équipe, a indiqué Raikkonen. Nous avons eu une saison difficile, mais nous espérons que ce résultat puisse nous redonner de l’espoir. » Sa dernière victoire remontait au GP de Belgique 2009, alors qu’il roulait pour Ferrari.

Fidèle à lui-même Iceman a ensuite déclaré: « Pour être franc c’est simplement une victoire de plus sur ma liste. C’est magnifique, bien sûr, parce que cela faisait longtemps que je n’avais plus vécu cela ».
Le Finlandais a ensuite rappelé que ses victoires précédentes étaient assez similaires. « Nous n’avions pas la meilleure voiture, mais nous nous sommes battus et nous avons gagné ». Ses détracteurs peuvent donc, eux aussi, aller se rhabiller: « C’est super de gagner maintenant, comme cela les gens arrêteront de me demander si je peux encore le faire. Au moins, maintenant, c’est un peu plus clair ».
Le pilote Lotus a dignement fêté ça entouré d’une quinzaine de ses collègues, dont Jenson Button qui n’a pas manqué de tweeté: «Sûr que Kimi aura encore mal au crâne après dimanche soir ». Espérons qu’il s’en soit remis pour le GP des États-Unis les 16, 17 et 18 novembre!

Thomas Mignon

Vidéo

Premier tour virtuel du GP des États-Unis

Si le circuit texan, qui accueillera l’avant-dernière manche du championnat, n’est pas encore terminé, l’entreprise britannique Codemasters et son jeu vidéo "F1 2012" nous permettent un aperçu de ce que cette nouvelle piste pourrait donner en novembre.

Prévisualisation graphique du circuit d'Austin

Voila à quoi devrait ressembler le circuit une fois terminé. © Sutton Image

Le nouveau circuit d’Austin pourrait bien être la meilleure création de l’architecte des circuits de F1, Hermann Tilke. Courbes rapides, changements de directions brusques et bien sentis et autres dénivelés impressionnants, cette piste pourrait réserver de bonne surprise au vu des images que le jeu vidéo « F1 2012 » est déjà en mesure de fournir et ce, alors que les travaux du circuit réel ne sont pas entièrement terminés.

Sous certains aspects, le circuit texan peut faire penser au circuit d’Istanbul (de l’ex-Grand Prix de Turquie) ou à Silverstone. Rajoutez à cela deux ou trois courbes aux allures de la Corée et d’Abu Dhabi et vous obtenez un circuit prometteur que Hermann Tilke semble avoir notamment composé des meilleurs ingrédients de ses créations précédentes. Un pas en avant pour l’architecte allemand dont les réalisations précédentes avaient été amplement critiquées, à l’exception peut-être du circuit indien de Buddh.

Thomas Mignon

Spa-Francorchamps reconduit jusqu’en 2015!

Si les nouvelles semblaient déjà très bonnes début juillet, c’est aujourd’hui officiel: la Belgique conservera son Grand Prix pour au moins trois années supplémentaires! Étienne Davignon a annoncé que le contrat avait été signé pour de bon.

Les mythiques virages de Spa nous feront encore rêver jusqu’en 2015, au moins!

L’accord est enfin signé! En 2013, 2014 et 2015, le championnat se jouera aussi à Spa-Francorchamps. Étienne Davignon, président de la société Spa Grand Prix, l’a annoncé lors d’une conférence de presse: le contrat de prolongation du GP de Belgique a été entériné.
La solution de rechange a donc porté ses fruits puisque, rappelons-le, l’alternance entre le GP de Belgique et un GP de France dès 2013 avait longtemps été envisagée. L’élection de François Hollande à la présidence française a complètement changé la donne: l’équipe montée par le désormais ex-Premier ministre François Fillon pour ce dossier d’alternance n’a évidemment plus donné signe de vie.
Les circonstances avaient donc amené la partie belge à se tourner vers une autre solution: assumer seule un GP chaque année. Malgré des négociations difficiles avec ce grand businessman d’Ecclestone, un accord a pu être trouvé. Un accord a priori sous bonnes conditions pour la Région wallonne puisque Jean-Claude Marcourt, ministre de l’économie, a indiqué que Bernie Ecclestone avait accepté de revoir le prix du plateau à la baisse et de ne pas l’indexer durant ces trois années supplémentaires. Un geste qui n’est pas courant de la part de l’homme d’affaire anglais, mais qui est plus que le bienvenu tant on connaît les difficultés pour la Région wallonne de financer le Grand Prix. Bref, chapeau bas, Bernie.
La Région a d’ailleurs décidé de mettre ce financement plus à profit en le couplant à un clip vidéo diffusé une minute avant le Grand Prix et qui vantera la Wallonie sous toutes ses facettes, de son patrimoine à sa gastronomie en passant par son folklore. Pour Étienne Davignon, « on tourne largement autour du milliard de personnes qui vont voir ça ». Les chiffres restent à vérifier.
Mais un autre chiffre mis en avant par la société Spa Grand Prix mérite de s’attarder: 43 millions d’euros. Ce serait le montant des retombées économiques du GP pour la Wallonie, selon une étude de l’Université de Liège. Montant on ne peut plus intéressant, car, comme l’indique le MR Pierre-Yves Jeholet (dans l’opposition à la Région wallonne), le Grand Prix « coûte 5 millions d’euros par an aux contribuables wallons », soit environ 1,25€ par an et par habitant. Si on se fie à l’étudie liégeoise, cela vaut le coup vu le retour sur investissement presque neuf fois supérieur et permettrait, dans le même temps, de maintenir la « vitrine internationale du circuit de Spa-Francorchamps », selon les mots de M. Jeholet. De quoi convaincre les sceptiques?

Thomas Mignon

Bilan de mi-saison: déjà un championnat historique!

Points, tours en tête, secondes, trains de pneus, kilomètres et records, la première partie de la saison 2012 a affolé les statistiques. Bilan de la mi-saison et tour d’horizon des faits et chiffres qui ont marqué ces onze premiers GP.

Bilan en chiffres à la mi-saison 2012

Il y a encore peu de temps, le début de saison 1983  avait été le plus disputé de l’histoire de la F1 avec cinq vainqueurs différents pour les cinq premiers GP. Piquet, Watson, Prost, Tambay et Rosberg père avaient ainsi chacun gravi la plus haute marche du podium. Mais c’était sans compter sur la folle saison que nous vivons actuellement. Button, Alonso, Rosberg, Vettel et Maldonado ont égalé ensemble ce record après le Grand Prix de Barcelone. Les victoires de Webber et Hamilton l’ont pulvérisé deux GP plus tard. Sept vainqueurs différents pour les sept premières courses de 2012, de quoi se perdre dans ses pronostics les plus réfléchis.
Un homme est venu briser cette spirale ultra compétitive: Fernando Alonso, en remportant son deuxième GP à Valence avant de récidiver en Allemagne. Trois victoires et 216 tours en tête, Alonso se retrouve donc en haut du classement du championnat à 40 unités de son premier challenger, Mark Webber, vainqueur à deux reprises. Si 40 points ne représentent guère un écart significatif à 9 courses de l’issue finale, beaucoup semblent ne plus jurer que par l’Espagnol tant il a démontré ses capacités à glaner de gros points sur une F2012 loin d’être au top.

5 podiums pour RäikkönenMais les candidats au titre sont encore nombreux. Trois autres pilotes sont à moins de deux victoires du leader espagnol: Vettel, Hamilton et Räikkönen (à moins de 48 points), le reste du peloton se trouvant à près de 90 points d’Alonso. Si Vettel a remporté le GP de Bahreïn et si Hamilton s’est lui emparé des trophées canadien et hongrois, Kimi Räikkönen court toujours après sa première victoire. Et Lotus a visiblement les ressources pour y parvenir. Avec cinq podiums, le Finlandais est le pilote qui en comptabilise le plus sans victoire. Il n’est par ailleurs qu’à un point d’Hamilton au championnat, c’est dire s’il est constant dans ses résultats. Martin Whitmarsh, team principal de McLaren, a d’ailleurs l’air de prendre la menace nordique très au sérieux: « Lotus dispose d’une bonne voiture cette année. Donc, avec Kimi, ils représentent une réelle menace pour le titre mondial cette saison. Je suis sûr que vous avez remarqué que Kimi a commis très peu d’erreurs jusqu’à présent. Il fait toujours du bon boulot. Et je pense qu’il a les capacités de monter encore en puissance en cette seconde partie de saison. » Au championnat des constructeurs, le constat est le même: Lotus est troisième du classement avec 192 points et n’est plus qu’à 1 unité de l’écurie de Woking.
S’il est un élément qui explique cette première partie de saison aussi hasardeuse que passionnante, ce sont les pneumatiques et leur fenêtre d’utilisation on ne peut plus étroite. Pirelli a apporté 2904 trains de pneus de chaque spécification (tendres et médiums) sur les onze weekends de GP 2012, soit onze trains de pneus par pilote et par GP. Malgré ce nombre, les Pirelli ont montré une usure particulièrement aléatoire et rapide, si bien que très peu ont pu prédire leur comportement et ainsi élaborer de bonnes stratégies de pit stops. Accrochages et incidents techniques mis à part, on peut observer de nettes différences de stratégie d’une course à l’autre. Prenons l’exemple du GP d’Europe à Valence: Paul di Resta et Bruno Senna n’ont fait qu’un arrêt, contre deux pour la plupart des autres pilotes. Si les faits de courses les ont tout de même aidés, le résultat est sans appel: tous deux ont terminé dans les points, chose qui était loin de leur être assuré.
Mais le contre-exemple existe aussi. Au Grand Prix de Chine, Räikkönen talonne Rosberg qui mène alors la course. Il reste dix tours et tout bascule pour le Finlandais: ses pneumatiques se dégradent brusquement, le laissant sans défense. Sa Lotus passe ainsi de la 2ème à la 14ème place. Il n’avait fait que deux arrêts aux stands, tandis que Button, Webber et Hamilton, ses principaux poursuivants avaient préféré assurer les points en s’arrêtant une troisième fois pour chausser un nouveau train de pneus. Sans cette mésaventure, Räikkönen serait deuxième du championnat, à 30 points d’Alonso. La gestion des pneumatiques est donc plus que jamais primordiale.

Jenson Button - Pit stop

McLaren a signé le pit stop le plus rapide de l’histoire la F1. © Getty Images

Et cette gestion des pneumatiques, McLaren a finalement su en dompter un de ses aspects, à savoir les pits stops. Sur les 573 arrêts aux stands effectués durant cette première partie de saison, c’est l’écurie de Woking qui a effectué le plus rapide au GP d’Allemagne. Un chrono impressionnant de 2,31 secondes de temps d’immobilisation de la monoplace (arrondi à 2,4 par la FIA) et Jenson Button et les mécaniciens de l’équipe anglaise signaient le pit stop le plus rapide de l’histoire de la Formule 1. Après les précédents arrêts catastrophiques réalisés par les gris, le pas en avant est énorme. Le placement de la monoplace par le pilote est parfait et les mouvements des mécanos le sont tout autant: à revoir. Sam Michael, directeur sportif de McLaren, en a conclu que « ça a été décisif pour dépasser Vettel » et obtenir la deuxième place pour Button. Décisif pour ce GP, oui, mais au championnat, l’Anglais ne comptabilise même pas la moitié des points d’Alonso. Ses chances sont maigres, bien que la route soit encore longue jusqu’à la couronne.
En une demi-saison, le cru 2012 a soulevé les polémiques, inscrit de nouveaux records, passionné les fans et décontenancé les puristes. S’il reste encore neuf GP, ce championnat est déjà plus que jamais rentré dans l’histoire de la Formule 1 et risque encore de surprendre. Le rendez-vous est en tout cas donné à Spa début septembre, sur le plus beau circuit du monde, pour la suite des hostilités!

Thomas Mignon

Alonso prend-il déjà une option sur le titre?

En remportant le GP de Hockenheim, Alonso a accentué son avance au classement général. Avec 34 points de plus que son premier rival, il est le seul à être monté trois fois sur la plus haute marche du podium durant cette saison très disputée.

Fernando Alonso est-il en route vers sa troisième couronne?

Trentième victoire pour le taureau des Asturies, impérial à Hockenheim. Avec 154 points, il est maintenant à 34 longueurs de Webber et à 44 de Vettel et semble être l’homme en forme du moment. Si le championnat comporte encore dix manches, certains signes ne trompent pas: Fernando Alonso a maintenant une voiture qui lui permet d’exprimer tout son talent et peut-être même de redorer le blason de Ferrari depuis Räikkönen en 2007.
À Melbourne, Ferrari n’est nulle part. Le design aérodynamique radical développé par Maranello n’a pas payé. Alonso se qualifie en 12ème position, Massa est 16ème. Les qualifications des prochains GP ne seront guère mieux: Alonso est 9ème et ce, 3 fois consécutives en Malaisie, en Chine et à Bahreïn. Malgré le retard évident de l’écurie italienne, Alonso parvient à amasser 43 points lors de ces 4 GP, signant même sa première victoire de la saison à Sepang. C’est Fernando Alonso: il a une mauvaise voiture, mais un talent hors norme qui parvient malgré tout à le hisser aux avant-postes.
Ferrari ne faisait pas peur en début de saison, c’est là sans doute que les autres teams auront des regrets si les bonnes performances de l’Espagnol se confirment. Lui avoir laissé l’occasion d’engranger des points alors que la Scuderia n’était pas la hauteur est sans doute la plus grande erreur des top teams en début de saison.
Mais ne bouclons pas trop vite le championnat. Red Bull est toujours bien dans le coup. Webber a remporté deux GP et sa régularité lui ont permis de tenir la cadence d’Alonso. Sa course allemande a cependant été relativement discrète dimanche. Et Vettel n’est pas en reste. Même si ce weekend il a pu sembler perdre par moment ses moyens en prenant les virages trop large à plusieurs reprises, c’est toujours un sérieux candidat au titre. Mais il devra retrouver un rythme régulier et éviter les erreurs, telles le dépassement trop large sur Button à l’avant-dernier tour du GP d’Allemagne ce weekend. Assuré du podium avant cette bévue, le pilote allemand a écopé d’une pénalité de 20 secondes et s’est vu rétrogradé à la 5ème place, perdant ainsi 8 précieux points.
Cette pénalité profite à Räikkönen. Le Finlandais, alors classé 4ème, gagne une place et signe son 4ème podium de la saison. Un podium qui le propulse à la 4ème position du classement général, devant Hamilton, Rosberg et Button, avec 98 points. Voilà un autre prétendant à la victoire finale, d’autant plus que Lotus fonctionne bien en course et essaye maintenant d’améliorer ses performances en qualifications.
McLaren semble aussi de retour avec Button qui pointe en deuxième position à Hockenheim après une série noire de 6 GP passés dans l’anonymat le plus complet. On connaît de plus les capacités de développement de l’écurie anglaise qui devrait rehausser la barre très vite.
Bref, si la suite du championnat est prometteuse pour Fernando Alonso, il reste du chemin à parcourir pour l’Espagnol et il serait prématuré d’enterrer ses principaux rivaux. Avec 10 GP restant et donc 1010 points encore à distribuer, tous les scénarios sont encore possibles, même si la F2012 de Ferrari a montré son incroyable fiabilité.

Thomas Mignon